1915-08-18-DE-002
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Quelle: DE/PA-AA/R14087
Zentraljournal: 1915-A-24645
Erste Internetveröffentlichung: 2003 April
Edition: Genozid 1915/16
Praesentatsdatum: 08/21/1915 p.m.
Laufende Botschafts/Konsulats-Nummer: A No. 104.
Zustand: A
Letzte Änderung: 03/23/2012


Der Gesandte in Sofia (Michahelles) an den Reichskanzler (Bethmann Hollweg)

Bericht



A No. 104.
Sofia, den 18. August 1915.

2 Anlagen.

In der abschriftlich beigefügten Depesche vom 18. d. Mts. hat die armenische Kolonie in Sofia einen Notschrei wegen der gegen ihre Landsleute in der Türkei begangen Grausamkeiten an mich gerichtet. Ferner ist mir durch die Post der anliegende "Appel à l'humanité" zugesandt, der die gleiche Angelegenheit behandelt.

Bei seiner Durchreise durch Sofia sprach mir Hakki Pascha von der armenischen Frage und erzählte mir, anfänglich hätten die jetzigen türkischen Machthaber, die früher gemeinsam mit dem armenische Komitee gegen das Régime des Sultans Abdul Hamid gearbeitet hätten, viel Sympathie für die Armenier gehabt und ihretwegen sogar einen einflussreichen Kurdenchef Selim hängen lassen, der über 30000 Bewaffnete verfügte. Später hätte man sich in Konstantinopel überzeugen müssen, dass die Armenier im russischen Solde gegen die türkische Regierung konspirierten und revolutionär vorgingen; darauf sei natürlich ein Umschlag erfolgt, es seien tatsächlich viele hunderte von Armeniern hingerichtet und aus gewissen Ortschaften die armenische Bevölkerungselemente aus Gründen militärischer Sicherheit vertrieben worden. Die harten Massregeln hätten aber die Armenier durch ihr eigenes Verschulden hervorgerufen. Ebenso seien mehrfach armenische Verschwörungen gegen das Leben der leitenden Staatsmänner der Türkei aufgedeckt worden.


Michahelles


Anlage 1

Abschrift.

Telegramm.

Son Excellence Monsieur le Ministre d’Allemagne, Sofia.


La Colonie Arménienne de la capitale bulgare en ce jour de deuil général qui a été déclaré par suite des massacres inouïs en Arménie vient de voter la résolution suivante, dont nous avons l’honneur de soumettre à Votre bienveillante attention.

La Colonie Arménienne de Sofia pleure aujourd’hui l’anéantissement des arméniennes en Turquie qui se passe en ce moment impunément devant les yeux de toute l’humanité civilisée.

Malgré qu’une catastrophe secoue toute l’Europe, malgré que toute les grandes et petites puissances sont occupées par leur propre malheurs nationales, nous déclarons qu’une grande responsabilité touche quand même sur eux devant l’histoire, pour l’indifférence dont ils montrent envers les faits effroyable dont l’Arménie est l’arène, nous croyons que c’est bien cette indifférence qui est le plus grand stimulant des Gouvernements irresponsables de Stamboul dans leur pays d’exécuter tout un peuple cultivé. Nous levons encore une fois notre voix devant les nation civilisées du monde entier en les suppliant de sauver au moins les débris de notre peuple martyr montrant ainsi que la conscience et le sentiment de la responsabilité morale est encore vivante en eux.


Colonie Arménienne de Sofia


Anlage 2

APPEL A L'HUMANITE


La grande guerre actuelle n'a créé à aucun endroit une si affreuse et si terrible catastrophe qu'en Arménie et dans les villes de Turquie peuplées d'arméniens.

Par l'ordre du gouvernement turc et sous le contrôle immédiat de ses représentants criminels, s'accomplissent, en ce moment, des horreurs épouvantables qui n'avait jamais terni les pages de l'histoire.

Tous les despotes et les tyrans effroyables existant au cours de l'histoire pâlissent en les comparant aux dirigeants présents de la Turquie qui exécutent aujourd'hui des plans si monstrueux, jusqu'à présent inconnus a tout cerveau humain.

Toutes les provinces arméniennes, depuis Erzeroum jusqu’à Cilicie, de Trébizonde jusqu'à Diarbekir et Kharpourte sont placées devant une mort réelle, inévitable. On emprisonne les intellectuels et après leur avoir fait subir des punitions corporelles, des tourments et des supplices inouïs, on les tue. On massacre tous les jeunes gens pouvant se défendre, on envahit les biens de ces misérables condamnés et puis, sous le prétexte de déportation, on tue, en masse, les pauvres débris de la population sur les routes et dans les vallées lointaines.

Et on exécute ces horreur avec une grande célérité et une sévérité égale. On tue sans distinction d’âge ni de sexe, depuis les vieillards jusqu'aux enfants innocents dans les berceaux, des femmes jusqu'aux jeunes filles. C'est une calamité affreuse, inconnue à l'histoire; c'est l'extermination d'un peuple entier. Et c’était un plan arrêté par le gouvernement turc, massacrer toutes les populations chrétiennes pour créer et répandre l'islamisme dans toutes les régions de la Turquie.

Nous laissons de côte pour le moment tous les rapports qui nous sont parvenus, les attestations et les témoignages officiels et nous allons citer les faits constatés par les personnages impartiaux et les philanthropes appartenant aux puissances étrangères amies et ennemies. Nous ne voulons pas mentionner leurs noms, chacun peut constater ce que nous allons dire par les témoignages des missionnaires protestants et catholiques, des consuls d'Etat, des sœurs de charité, des négociants et de plusieurs personnages étrangers sortis de ce pays infernal appelée la Turquie.

A Erzeroum et dans toutes les régions de ce vilayet sont accomplis des crimes affreux, puis on a commencé à déporter la population, vers la direction Erzindjian-Karpourte, en les faisant marcher pendant plusieurs jours, et d'après les témoignages des sœurs de charité allemandes, les caravanes de ces infortunés on subi en route des pillages et d'horribles cruautés. Nous ignorons complètement s'il existe des débris de ces caravanes de déportés.

A Paperte, après avoir emprisonné des milliers d'hommes on les a tués dans la prison; des femmes et des petits enfants ont été jetés dans la Djorokh et les quelques fuyards qui se sont réfugiés dans les montagnes, ont été égorges par les représentants du gouvernement et par les troupes turques. Ainsi, toute la région de Paperte est anéantie.

Sivas et Chabine-Kara-Hissar, avec tous leurs villages sont réduits en amas de ruines. Beaucoup d'hommes ont été pendus, d'autres massacrés, le reste, - femmes, vieillards, enfants - ont été également exilés, mais où? On n'en sait rien. On constate dernièrement qu'on les a tués en route.

Les missionnaires américains et allemands nous donnent encore la description épouvantable des horreurs de Cilicie, Zeïtun, Hadjin, Tschok-Marzevn. Beaucoup d'hommes parmis les habitants de ces villes ont eu le même sort sont affreux, les autres aussi, envoyés vers les déserts brûlants seront morts inévitablement n'ayant pu recevoir aucun secours.

Sous l'influence des mêmes horreurs, les 100000 habitats de Nigomitia tremblent également. On a commence déjà a les déporter ça et la, et on craint que la fin de ces exilés soit la même.

Et maintenant, les dirigeants insensés du gouvernement de Turquie, encouragés par le silence absolu du monde extérieur, dressent la liste à Constantinople même, des arméniens de province, installés la depuis plusieurs années et au nombre de plus de 100000, pour les envoyer dans leurs villes, où il n'y a en ce moment aucun arménien. L'intention du gouvernement est, cela va sans dire, de les tuer, de les anéantir, sans bruit.

Nos courageux soldats aussi, désarmes tout-à-fait, sont destinés à d'autres travaux pénibles. On constate encore que plusieurs soldats arméniens ont été fusillés.

Toutes nos églises, nos écoles et les établissements publics sont détruits ou transformés en écurie ou en casernes. On massacre toute la population en détruisant aussi tout ce qui rappelle l'existence de cette nation.

Les représentants du gouvernement de la Turquie ont adopté aujourd'hui, pour l’extinction complète d'un peuple, un tout autre système que celui de 1896, où les massacres arméniens n'ont pas été continués jusqu'au bout, grâce aux protestations énergiques qui se sont élevées de tous côtes. Aujourd'hui tout se passe en silence et dans l'obscurité, et quand sous le couvert d'un gouvernement tyrannique se commettent des crimes épouvantables, des atrocités inouïes sous prétexte d'exil, de déportation ou de prison, on arrache toute une race à son sol, on ne laisse dans les villes et villages aucun individu, tout l'Europe reste indifférente.

L'Arménie est devenue aujourd'hui un vaste cimetière et quand en ce moment les grandes puissances sont engagées dans une lutte titanique, les représentants officiels de l'Europe, les consuls, les ambassadeurs, mêmes les missionnaires et les sœurs de charité sont éloignés, d'autres expulsés, le gouvernement de Constantinople se sentant libre et irresponsable, continue tranquillement à commettre partout des horreurs, en ayant soin surtout qu'aucune communication télégraphique ne puisse présenter le tableau sinistre et infernal de l'Arménie à l'Europe.

Nous autres Arméniens de ce pays, sachant bien ce qui passe dans le nôtre, nous nous adressons à vous, puissances de l'Europe; à vous, les représentants des gouvernements neutres, les intellectuels humanitaires, les prêtre des églises et toute l'Humanité civilisée, en vous priant de ne pas rester témoins impassibles de la préparation de ces plus affreux crimes, qui n'ont jamais été écrits dans l'histoire humaine. Nous vous prions très instamment d'élever la voix, de protester énergiquement, avec une véhémence unanime d'indignation, pour arrêter la main des bourreaux, pour empêcher le déracinement absolu de notre peuple.


Le 4/17 Août 1915.

La Commission arménienne initiative à Sofia.




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