1917-04-02-DE-001
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Quelle: DE/PA-AA/R14096
Zentraljournal: 1917-A-10998
Erste Internetveröffentlichung: 2003 April
Edition: Genozid 1915/16
Praesentatsdatum: 04/04/1917 p.m.
Laufende Botschafts/Konsulats-Nummer: A.J.Nr. 1371/Nr. 323
Zustand: A
Letzte Änderung: 03/23/2012


Der Gesandte in Stockholm (Lucius von Stoedten) an den Reichskanzler (Bethmann Hollweg)

Bericht



A.J.Nr. 1371 / Nr. 323
Stockholm, den 2. April 1917.
Im Anschluß an Bericht Nr. 310 vom 29. März d.J.

Euerer Exzellenz beehre ich mich anbei einen Aufsatz in französischer Übersetzung zu überreichen, welchen mein hiesiger türkischer Kollege in den schwedischen Zeitungen als Entgegnung auf die Protestversammlung gegen die armenischen Greuel, welche neulich im hiesigen Auditorium stattfand, veröffentlichen ließ.


Lucius


Anlage

La manifestation de mardi soir à l'Auditorium en faveur de la nation arménienne pouvant servir à accréditer en Suède les thèmes tendancieux que les gouvernements ennemis de l'Empire Ottoman ont fait siens en ce qui concerne les mesures que le Gouvernement Impérial, pour la sécurité de l'Empire, a été forcé de prendre à l'égard de ces sujets arméniens, la Légation de Turquie croit devoir soumettre à ce sujet à l'appréciations de l’opinion publique suédoise les considérations suivantes.

Les orateurs d'hier soir ont tous tiré leur argumentation du livre de Viscount Bryce sur les ,,Mauvais traitements infligés aux arméniens", ouvre de propagande composé à l'usage d'un gouvernement ennemi de la Turquie, sinon sur sa commande. Rien que ce fait incontestable en lui-même suffirait à ce qu'un publique neutre ne se laissait point aller à considérer comme l'expression de la vérité cet échafaudage d'odieuses accusations reposant sur des bases si visiblement suspectes. Les quelques détails ci-après établiront une fois pour toutes la valeur de ces accusations et combien elles sont ignominieuses.

Pour ce qui concerne le passé l'histoire établit que les arméniens vécurent paisiblement pendant plusieurs siècles sous la domination ottomane et jouirent tous les privilèges et libertés que l'Islam accorde aux communautés qui ne relèvent pas de lui. Si comme on prétend le fanatisme musulman avait existé, il ne restera plus que le nom de la nation arménienne. En réalité les choses se passèrent tout autrement dans l'Empire Ottoman depuis les temps de conquête et les chrétiens, particulièrement les arméniens, menèrent sous la domination turque une vie paisible, étant même, jusqu'à ces dernières années, allégés de toute obligation militaire, à tel point que l'élément arménien a toujours été le plus aisé parmi toutes les populations de l'Empire Ottoman.

Aucune discorde de quelque nature que ce fût ne vint troubler les rapports fraternels des arméniens avec leurs compatriotes turcs jusqu'à la fin de la première moitié du XIX: un siècle, où ceux-là, cédant aux instigations prodiguées du dehors, commencèrent de montrer des velléités d'indépendance. Le Gouvernement Ottoman au courant des agissements séparatistes des arméniens ne voulut pas, longtemps encore, user de ses droits de répression, pensant enrayer le mouvement en redoublant de vigilance vis-à-vis de ses turbulents sujets. Mais la propagande prenait de jour en jour une plus grande envergure et causait justement de graves inquiétudes parmi les populations musulmanes qui voyaient se préparer des attentats contre leur propre sécurité et contre la sécurité de leur pays. Il en résulta par la suite quelques collisions sanglantes entre certains éléments musulmans de l'Empire et les arméniens, collisions toujours préparées, provoquées et voulues par ceux-ci dans l'espoir d'une intervention étrangère. Les choses en étaient arrivées là lorsque la constitution fut déclarée en Turquie en 1908. On ne saurait ne pas reconnaître toute la sollicitude et tous les égards dont témoigna le gouvernement constitutionnel ottoman vis-à-vis de l'élément arménien que l'on considérait un peu comme l'une des principales victimes de l'ancien régime. On accorda aux arméniens tous les droits, toutes les libertés qui venaient d'être reconnus aux populations musulmanes: l'accès des plus hautes dignités de l'Empire leur fut permis; il y eut ainsi plusieurs ministres arméniens dans le cabinet ottoman; les sociétés révolutionnaires qui s'étaient formées dans le temps sous les noms de Drochak, de Hintchak et de Tachnack furent admises comme des partis politiques et autorisées à entretenir des bureaux tant à Constantinople que dans les centres arméniens de l'Asie-Mineure; ainsi de suite. Malheureusement toutes ces bienveillances ne furent pas le moins du monde appréciées par les arméniens qui profitèrent de leurs nouvelles libertés pour continuer de plus belle à se préparer en vue de la grande révolution devant les détacher de l'Empire Ottoman. Ils saisirent toutes les occasions pour mettre à exécution leurs desseins déloyaux et pour créer de nouveaux embarras au Gouvernement Ottoman dans les circonstances les plus délicates. Ainsi par exemple lors de la mutinerie militaire de Constantinople en 1909, alors que le gouvernement constitutionnel était aux prises avec les plus graves difficultés créées par la réaction, voilà que les arméniens mettent à profit la situation et organisent les massacres d'Adana qui acculent le pays aux pires dangers. De même pendant la guerre balkanique ils se livrent à une série de méfaits dont la liste est trop longue pour être détaillée ici. Survint la guerre générale. Le Gouvernement Ottoman tout à fait fixe sur les véritables sentiments de ses sujets arméniens, ne prit néanmoins aucune mesures coercitives contre eux, malgré les multiples signes qu'ils donnaient de leurs desseins de loyaux, malgré le manifeste du Tsar de Russie les invitant à concourir avec les armées russes à la délivrances de l'Arménie, malgré la fiévreuse préparation à la révolution qui se manifestait dans tous les centres arméniens de l'Asie-Mineure, et il se contenta d'avertir le peuple arménien, par l'entremise de son clergé et de ses notables, que tout mouvement insurrectionnel serait réprimé avec la plus grande sévérité immanquablement, vu la gravité de la circonstance. Le peuple arménien fut sourd à cet avertissement, pourtant catégorique. Et dès le début des hostilités, partirent de toutes part du sein de la population arménienne, comme des fusées allumées au signal, des mots d'ordre glorifiant la révolution, l'assassinat, le viol et invitant à feu et à sang les fervents de l'arménisme. Et ce furent des tueries à Mouch et à Kizan contre les musulmans, des attaques contre les gendarmes à Zeitoun, à Baghtchédjik, de véritables combats entre bandes arméniennes et troupes régulières ottomanes à Charki-Kara-Hissar, attentats consécutifs à Bitlis, Van, Adana et Brousse, turbulences significatives dans tous les centres arméniens, qui suivirent ces mots d'ordres: en un mot tous les symptômes d'une insurrection gigantesque. En même temps, aux premières rencontres des troupes ottomanes avec les forces russes sur la frontière du Caucase voilà que tous les arméniens de l'armée turque, depuis les officiers, médecins militaires, pharmaciens jusqu'aux simples troupiers qui désertent par paquets et passent du côté de l'ennemi, causant un grand désarroi parmi leurs camarades turcs, déconcertés d'être pris entre deux feux.

Déjà des bandes recrutées parmi les paysans arméniens de ces régions-frontières et armées par les russes servaient d'éclaireurs à ceux-ci et se livraient par leur complicité à toutes sortes d'horreurs contre les populations musulmanes sans défense de ces parages. D’incroyable atrocités furent commises par ces bandes surtout à Achkale et à Van quand elles parvinrent à s'emparer de ces deux villes qui devinrent des morceaux de ruines et de cadavres. Tous les musulmans y furent massacrés impitoyablement tandis que leurs femmes, avant de subir le même sort, furent enfermées par centaines dans des maisons et livrées pendant des semaines à la tragique lubricité de ces révolutionnaires assoiffés de sang et d'ignominies.

C'est dans ces conditions et après qu'il a été jugé que la présence des arméniens dans les zones militaires constituent un danger permanent pour la sécurité des armées ottomanes, que le gouvernement turc dut prendre des mesures préventives et décréta leur éloignement en masse de ces régions. D'autant plus que lors du premier bombardement par la flotte russe du port d'Heraclée sur la mer Noire des bandes recrutées parmi les populations arménienne de Baghtschédjik et d'Ada-Bazar s'étaient jetées simultanément sur les derrières des troupes ottomanes préposées à la défense du littoral en question, les laissant ainsi entre deux feux et leur causant de graves embarras, et que tout démontrait indubitablement que ces ennemis du dedans avaient fait cause commune et s'étaient minutieusement entendus avec ceux du dehors en vue d'une action combinée. Le Gouvernement Ottoman était parfaitement en droit adopter une telle décision et tout autre gouvernement n'aurait pas trouvé une solution moins sévère. Il est vrai que l'application de cette décision a pu donné lieu à certains abus regrettables. Mais l'exaspération qui s'empara des populations musulmanes à la vue des entreprises criminelles de ces ennemis du dedans alors qu'elles enduraient elles-mêmes toutes sortes de souffrances pour faire face aux invasions de ceux du dehors, qui avaient assailli l'Empire de toutes parts, expliquent assez ses abus qui furent d'ailleurs limités et rapidement réprimés. Le Gouvernement Ottoman en effet fut implacable quant à punir les auteurs des agressions et ne manqua point de les condamner à des peines sévères allant jusqu'à 15 ans de travaux forcés et même la peine capitale.



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