1915-09-13-DE-001
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Quelle: DE/PA-AA/BoKon 96/Bl. 183-188
Botschaftsjournal: 10-12/1915/zu 6358
Erste Internetveröffentlichung: 2010 April
Edition: Deportationsbestimmungen
Zustand: A
Letzte Änderung: 03/23/2012


Die deutsche Botschaft Konstantinopel an die Hohe Pforte

Note Verbal


Péra, le 13. Sept. 1915.

En se référant au dernier paragraphe de son memorandum du 3 Juillet l’Ambassade d’Allemagne a l’honneur d’attirer encore une fois l’attention du Gouvernement Impérial sur le grave préjudice qui est causé aux intérêts Allemands par l’expulsion en masse de la population Arménienne dans certaines provinces de l’Empire où des capitaux Allemands sont engagés pour des montants considérables dans le commerce et l’industrie du pays.

Ainsi il résulte d’un relevé présenté par les principaux intéressés, la Deutche Bank, la Deutsche Orient Bank, la Deutsch-Levantinische Baumwoll Gesellschaft et la maison de commerce Fankhaenel & Schifner de Mersine, que dans le seul vilayet d’Adana leurs risques dans différentes créances envers les propriétaires cultivateurs et commerçants Arméniens s`élèvent à la somme de 57000 Livres Turques. La Sublime Porte n’ignore pas le concours que les établissements de banque et de commerce Allemands ont prêté au développement du commerce et de l’industrie dans ces parages; pour n’en citer qu’un exemple la production du coton dans le vilayet d’Adana qui, dans le passé était a peine de 40000 balles par an, vient d’atteindre le chiffre de 100000 balles grâce surtout aux efforts déployés par la Deutsch-Levantinische Baumwollgesellschaft et aux facilités que le commerce a trouvées auprès de la Deutsche Orient Bank.

Le gouvernement locale ayant saisi les biens meubles et immeubles des personnes déportées, il a été impossible aux créanciers de prendre des mesures conservatoires pour assurer la rentrée des sommes qui leur sont dues par les Arméniens. D’autre part, la façon dont les autorités procèdent à la liquidation des biens des Arméniens, et surtout à la vente des immeubles qu’on ne cède qu’à certaine classe de la population à l’exclusion des autres et à des pris dérisoires, fait prévoir que l’actif réalisé de ce chef ne couvrira qu’une faible partie des dettes qui étaient garanties par ces biens.

La même procédure plus ou moins arbitraire ayant été employée partout où les Arméniens ont été déportés, les banques et les maisons Allemandes se voient menacées de perdre la plus grande partie, si non la totalité des sommes qu’elles ont engagés dans le commerce avec l’intérieur par l’entremise de négociants Arméniens.

Mais les pertes du commerce Allemand ne se bornent pas aux relations avec l’Asie Mineur. La place de Constantinople ne tardera pas de se ressentir des suites désastreuses qu’aura la disparition d’une nombreuse clientèle et de ceux qui étaient les principaux intermédiaires du commerce d’importation et d’exportation dans l’intérieur.

La déportation de plusieurs négociants Arméniens de notre place n’a fait qu’augmenter le malaise général qui régnait dans le monde commercial de la capitale à la suite des nouvelles de l’intérieur.

A l’appui de ce qui précède l’Ambassade se permet de communiquer à la Sublime Porte en extrait les exposés que les deux Banques Allemandes de notre ville viennent de lui présenter et dans lesquels leur situation par rapport aux évènements en question est expliquée en détail. Le contenu de ces exposés est confirmé par les renseignements puisé d’autres sources, tant officielles que privées.

Dans ces circonstances l’Ambassade d’Allemagne a l’honneur de demander à la Sublime Porte quelles mesures le Gouvernement Ottoman compte prendre pour prévenir et arrêter un désarroi complet des affaires commerciales qui sera la conséquence de l’expulsion et de l’expropriation des Arméniens de l’Asie Mineur, si l’état et la législation n’interviennent pas à temps.

Quant aux intérêts Allemands en jeu, l’Ambassade est obligé de déclarer dès-à présent qu’elle doit rendre responsable le Gouvernement Ottoman de tous les dommages causés directement au commerce allemand par les mesures administratives que le Gouvernement Ottoman a décrétées contre la clientèle arménienne, et par les procédures illégales que les autorités locales en province ont employées dans l’exécution de ces mesures.

Pera, 13 September 1915


N[eurath]


[Eigene Übersetzung]

Unter Hinweis auf den letzten Absatz ihres Memorandums vom 3. Juli hat die Botschaft Deutschlands die Ehre, ein weiteres Mal die Aufmerksamkeit der Kaiserlichen [Osmanischen] Regierung auf die ernsten Anzeichen zu lenken, die die Interessen Deutschlands durch die Massenausweisungen der armenischen Bevölkerung aus bestimmten Provinzen des Reichs beeinträchtigen, in denen deutsche Kapitalien mit beträchtlichen Summen im Handel und der Industrie des Landes gebunden sind.

Wie aus den beigefügten Aufstellungen der Hauptinteressenten, der Deutschen Bank, der Deutschen Orientbank und der Deutsch-Levantinischen Baumwoll-Gesellschaft sowie des Handelshauses Fankhaenel & Schifner in Mersina hervorgeht, belaufen sich die Risiken der verschiedenen Gläubigern allein im Vilajet Adana auf insgesamt 57000 Türkische Pfund. Die Hohe Pforte wird den Wert der Mitwirkung der deutschen Banken und des Handels an der Entwicklung von Handel und Industrie der betreffenden Gebiete zu schätzen wissen; so ist zum Beispiel die Baumwollherstellung allein im Vilajet Adana von 40000 Ballen auf 100000 Ballen angestiegen, was hauptsächlich auf die Anstrengungen der Deutsch-Levantinischen Baumwoll-Gesellschaft und die Unterstützung des Handels durch die Deutsche Orientbank zurückzuführen ist.

Nachdem die Lokalregierung das bewegliche und unbewegliche Gut der deportierten Personen eingezogen hat, war es den Gläubigern unmöglich, vorbeugende Maßnahmen zu ergreifen, um den Rückfluß der Summen zu gewährleisten, die ihnen Armenier schuldeten. Auf der anderen Seite muß die Art und Weise, wie die Lokalbehörden die Werte der Armenier liquidieren und insbesondere die Liegenschaften veräußern, die nur einer bestimmten Klasse der Bevölkerung unter Ausschluß der übrigen und zu Spottpreisen zugeschanzt werden, dazu führen, daß die Gewinne dieser Operationen nur einen geringen Teil der Schulden abdecken, die durch diese Güter abgesichert waren.

Da diese mehr oder weniger willkürliche Verfahrensweise überall dort angewendet wird, wo Armenier deportiert worden sind, droht den deutschen Kreditinstituten und Geschäftshäusern der Verlust eines großen Teils wenn nicht der Gesamtheit der Geldsummen, die sie in den über armenische Händler abgewickelten Binnenhandel investiert haben.

Aber die Verluste des deutschen Handels beschränken sich nicht auf die Beziehungen mit Kleinasien. Der Handelsplatz Konstantinopel leidet zunehmend unter den katastrophalen Folgen des Verschwindens einer umfangreichen Kundschaft und jener, die die wichtigsten Zwischenhändler des Export- und Importhandels ins Landesinnere waren.

Die Deportation mehrerer hiesiger armenischer Händler hat die allgemeine schlechte Lage erhöht, die im Wirtschaftsleben der Hauptstadt herrschte, bedingt durch die Nachrichten aus dem Innern.

Um dies zu verdeutlichen, erlaubt sich die Botschaft der Hohen Pforte Auszüge aus Berichten zweier deutscher Banken unserer Stadt zuzustellen, die ihr zugegangen sind und aus denen ihre Lage im Zusammenhang mit den erwähnten Vorkommnissen im Einzelnen wiedergegeben wird. Der Inhalt dieser Exposés wird durch Auskünfte bestätigt, die wir aus anderen offiziellen wie privaten Quellen erhalten.

Unter diesen Umständen hat die Kaiserlich Deutsche Botschaft die Ehre die Hohe Pforte um Auskunft darüber zu ersuchen, welche Maßnahmen die osmanische Regierung zu ergreifen gedenkt, um einen völligen Zusammenbruch der Handelsgeschäfte zu verhindern, der durch die Ausweisung und Enteignung der Armenier Kleinasiens droht, wenn der Staat und die Gesetzgebung nicht zeitig genug tätig werden.

Was die deutschen Interessen anbelangt, so ist die Botschaft gezwungen zu erklären, daß sie die osmanische Regierung für alle Schäden verantwortlich macht, die dem deutschen Handel durch die von der osmanischen Regierung verhängten administrativen Maßnahmen gegen die armenische Kundschaft entstehen sowie durch die illegalen Verfahren der lokalen Behörden in der Provinz, mit der diese Maßnahmen durchgeführt werden.


Pera, den 13. September 1915

[Hohenlohe-Langenburg]



Anlage 1

Extrait d’une requête de la Deutsche Bank, succursale de Constantinople, en date du 28 Août crt.

Lorsque, en 1909, la Deutsche Bank créa sa succursale de Constantinople, c’était dans le but de contribuer au développement des forces économiques de la Turquie et en prévision des progrès que le pays fera à la suite de la promulgation de la constitution.

Le nouveau gouvernement ayant proclamé la liberté et l’égalité pour tous les éléments de la population et le commerce de la capitale et de l’Asie Mineur se trouvant pour la plus grand partie entre les mains de négociants Arméniens il était tout naturel que la Deutsche Bank mettait une partie importante de ces crédits à la disposition de maisons arméniennes. En même temps elle agissait avec la plus grande circonspection, ce qui est prouvé par le fait que pendant les graves crises qui accompagnaient la guerre Tripolitaine et la guerre balcanique, des pertes plus grandes lui furent épargnées.

Par contre elle prévoit que les mesures que le Gouvernement Impérial vient de prendre contre les Arméniens lui causeront de graves préjudices et lui feront perdre une partie des capitaux qu’elle a engagés en Turquie sans compter les suites désastreuses que la disparition de l’élément arménien aura nécessairement pour la vie économique de la Turquie en général.

Le montant total des sommes dues à la succursale à Constantinople de la Deutsche Bank par des Arméniens à la date du 25 Août était de


L.T. 216 857,69

dont

L.T. 32893,13 crédits à découvert (crédits en blanc);

L.T. 108064,80 avances sur lettres de changes souscrites pour la plupart par des Arméniens;

L.T. 43815,95 avances sur des titres, dont la vente ne pourrait être effectuée qu’après la guerre et alors probablement avec plus ou moins de pertes à la suite des changements que la situation des bourses aura subis;

L.T 32083,81 avances sur des marchandises dont les pertes éventuelles ne peuvent qu'être prévues.

Dans cette somme totale de L.T. 216857,69 sont compris différentes créances montant ensemble à L.T. 17983,85 envers plusieurs Arméniens de notre ville qui ont été déportés et qui sont morts depuis lors, d’après ce qu’on nous rapporte. Par contre nous avons omis pour le moment les sommes très importantes qui nous sont dues par des clients non-arméniens lesquels à la suite de leurs relations aves des Arméniens sont menaces de pertes graves et serraient éventuellement forcés de cesser leurs paiements.

[Inhalt entspricht dem Brief der Deutschen Bank vom 28. August 1915 (Dok. 1915-08-28-DE-004) mit Ausnahme der drei letzten Absätze]


Anlage 2

Extrait d’une requête de la Deutsche Orient Bank succursale de Constantinople, en date du 23 Août.

Nous apprenons par des rapports de nos succursales et représentants à l’intérieur que les Arméniens viennent être expulsés presque sans exception et que leur fortune mobilière et immobilière est vendue sans autres formalités par les autorités locales.

Une partie des Arméniens déportés étant nos débiteurs ou débiteurs de nos débiteurs nos intérêts sont gravement lésés par cette procédure arbitraire des autorités.

En effet, la législation Ottomane ne prévoit pas la vente forcée de la propriété mobilière et immobilière de personnes expulsées, et même si une pareille loi allait être promulguée, la vente ne pourrait avoir lieu qu’au profit de la masse [liquidaire] et sur la base d’un jugement rendu par un tribunal; la vente même ne pourrait être effectuée que par la voie d’enchères publiques et en observant les formalités prescrites par la loi pour la convocation des créanciers et la fixation des délais nécessaires. De cette façon chaque créancier aurait la possibilité d’acquérir pour son compte la totalité ou une partie de l’actif du débiteur pour le cas où les prix offerts par d’autres ne correspondraient à la valeur de l’actif. Si on n’observe pas les prescriptions légales les déportés seront auss ibien ruinés que leurs créanciers.

Par conséquent nous devons rendre responsable le Gouvernement Ottoman de tout dommage causé à notre Banque par la procédure illégale suivie jusqu’à présent.

[Inhalt entspricht dem Brief der Deutschen Orientbank vom 23. August 1915 (Dok. 1915-08-23-DE-002) mit Ausnahme des letzten Absatzes]



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